Les filles au-delà d’Ipanema

La violence envers les femmes au sein des universités brésiliennes

Traduit de l’anglais par Richard Ouellette

Garota de Ipanema’ (La fille d’Ipanema) est l’une des chansons les plus interprétées à travers le monde. Elle représente le stéréotype du Brésil : la plage, le soleil et les bikinis. Ce que la plupart des gens ne savent pas est que cette fille d’Ipanema, Helô Pinheiro — la muse de la chanson –, n’avait que seize ou dix-sept ans lorsque Tom Jobim et Vinicius de Moraes ont composé leur chanson à l’âge de trente-cinq et quarante et un an respectivement. Dans une entrevue publiée sur le site internet portugais Sábado [1], Helô Pinheiro raconte qu’elle ne les connaissait que comme « les deux types qui la taquinaient chaque fois qu’elle passait devant eux en rentrant de l’école, le plus souvent dans son uniforme. » Helô ne semble pas se rappeler de cet événement comme quelque chose de négatif, mais pour les femmes qui ont subi l’horreur du harcèlement, habituellement à un âge inférieur à celui de Helô, cette chanson peut avoir une signification différente pour elles. Une campagne menée au Brésil par Think Olga en 2015 a rassemblé les témoignages des premières expériences de harcèlement vécues par les femmes partagées dans 82 000 tweets. Une fois ces tweets analysés, il a été révélé que l’âge moyen des premiers harcèlements subis était 9,7 ans, et l’un des mots les plus fréquemment utilisés dans les récits était « école ». [2]

Au Brésil, le harcèlement sexuel accable les femmes de l’enfance à la vie adulte, et cela inclut la période durant laquelle elles fréquentent l’université. Une étude menée par Instituto Avon et Data Popular a révélé que 49 pour cent des femmes dans les universités brésiliennes avaient souffert de disqualification intellectuelle due à des préjugés sexistes, 67 pour cent des étudiantes avaient été victimes de harcèlement à l’université, 36 pour cent d’entre elles avaient choisi de ne pas participer à des activités académiques par crainte de harcèlement ou de violence, 25 pour cent des étudiantes avaient été insultées ou rejetées parce qu’elles ont refusé les avances masculines dans un contexte universitaire ou lors de soirées académiques, et finalement, 63 pour cent d’entre elles n’avaient pas réagi à ces gestes de harcèlement ou de violence.

Nous ne réagissons pas parce que nous ressentons une profonde insécurité. La plupart des universités s’efforcent de dissimuler la chose dans de tels cas. Les chances que l’accusé bénéficient de l’impunité sont directement reliées à la prospérité de l’agresseur ou au prestige de l’université ou du cours. L’un des cas les plus connus au Brésil s’est produit en 2014, lorsqu’un comité fut nommé pour enquêter sur des rapports de viol ayant eu lieu dans les universités de São Paulo. Des dix rapports formels, six d’entre eux étaient reliés à l’École de médecine de l’université de São Paulo (USP), et de tous les étudiants impliqués, un seul a été suspendu de son programme d’études — et il ne fut pas emprisonné, bien qu’il ait été accusé de viol, qui est considéré comme un crime selon le code pénal du Brésil. La suspension n’a duré qu’une année, se terminant en septembre 2016. L’auteur présumé a depuis obtenu son diplôme de médecine et en avril 2015, il a obtenu l’autorisation de pratiquer la médecine, laquelle fut accordée par le Conseil régional médical de l’État de Pernambuco[3].

Les femmes ont l’habitude de constater, lorsqu’elles rapportent un crime, que ce sont elles qui sont considérées comme ayant perdu la raison ou comme étant de méchantes femmes qui veulent ruiner la vie et la carrière de leurs agresseurs. La femme est perçue comme la véritable coupable parce qu’elle s’est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment et qu’elle portait les vêtements qu’il ne fallait pas. La faute lui revient alors entièrement plutôt qu’à son agresseur. Un sondage mené par Data Folha a révélé qu’un tiers de la population brésilienne considérait les femmes comme étant responsables du viol qu’elles ont subi[4]. Jornal GGM a publié un article rapportant que l’une des étudiantes qui a rapporté avoir été violée à l’École de médecine USP avait été intimidée et menacée par la suite sur les réseaux sociaux : « La racaille étudiant à l’École de médecine de la USP devrait être éradiquée de l’humanité… ces ordures… Ces sales prostituées devraient disparaître et aller étudier dans une discipline qui correspond davantage à leur mentalité et à leur essence.[5] » Il y a 3,5 fois plus de rapports de viol que d’arrestations. Il est fréquent que les organismes publics et les universités n’interviennent pas suite à ces rapports parce qu’ils craignent que leur réputation soit ternie, surtout dans le cas des universités privées. Il y a aussi l’appréhension que la police ne fasse rien ou que tenter quelque chose au sujet du viol commis soit encore plus dommageable pour la victime.

Par ailleurs, le nombre de regroupements féministes et de groupes de soutien envers les femmes maltraitées s’est multiplié, à la fois au sein des universités brésiliennes et à l’extérieur. Un exemple est le Coletivo Feminista Geni (Collectif féministe Geni) qui a pour objectif d’attirer l’attention sur les cas de viols impliquant l’École de médecine de l’USP. Plusieurs de ces collectifs sont répertoriés par le projet MAMU (Mapa de Coletivos de Mulheres, ou Répertoire des collectifs de femmes) et, malgré le fait qu’ils n’ont pas de pouvoir institutionnel, ces regroupements cherchent à dénoncer la situation et à soutenir les femmes aux prises avec cet enjeu[6]. Un sondage mené par Jornal do Campus da USP (le journal de campus de l’USP) a révélé que sur les soixante-dix-sept étudiantes interviewées, quarante d’entre elles avaient affirmé qu’elles ne sauraient pas vers qui se tourner en cas de harcèlement ou d’agression, et douze femmes avaient dit qu’elles soumettraient la chose aux collectifs féministes ou qu’elles partageraient la situation avec leurs amies. [7]

Être chrétien à une époque de violence faite aux femmes au sein des universités

La réponse chrétienne à la violence envers les femmes à l’université et à l’extérieur de ses murs est fréquemment discréditée. De nombreux chrétiens évangéliques qui se portent à la défense des droits des femmes au Brésil sont confrontés à la résistance des non-chrétiens en raison de l’opinion négative que ces derniers entretiennent au sujet des chrétiens évangéliques. Les chrétiens évangéliques sont perçus comme des gens peu instruits dont les leaders et les pasteurs contribuent au soutien financier des politiciens corrompus et profitent de la naïveté des croyants en leur promettant des bénédictions en échange de leur argent. Pour la majorité des Brésiliens et dans le milieu universitaire en général, la mention des Églises évangéliques est associée au dénigrement des homosexuels et des religions afro-brésiliennes, au blanchiment d’argent, au prosélytisme et aux projets politiques corrompus qui le plus souvent se font néfastes au détriment des femmes. L’Église évangélique n’est pas perçue comme une Église qui démontre l’amour du Christ avec puissance et candeur, ni une Église qui défend la cause des opprimés et lutte en leur faveur, comme l’a fait le pasteur Martin Luther King, Jr., qui s’est porté à la défense des droits civils des Afro-Américains aux États-Unis.

Malheureusement, les gens n’ont pas entièrement tort de penser cela. En fait, c’est ainsi que les Églises évangéliques brésiliennes se sont généralement présentées elles-mêmes. Lorsqu’on mentionne le besoin d’agir en rapport avec la violence faite aux femmes, il n’est pas inhabituel d’entendre ces croyants répondre les choses suivantes :

  • « Vous n’êtes pas chrétien. Cela engendre des dissensions et des factions (Galates 5.20). Vous voulez être considérées comme supérieures aux hommes ! Vous préférez adhérer à des idéologies plutôt qu’à l’Évangile. La chose juste à faire est de prêcher l’Évangile et tout ce qui ne lui est pas rattaché concerne des enjeux du monde qui nous distraient du commandement prioritaire du Christ de prêcher l’Évangile (Matthieu 28.19–20).
  • « Les femmes doivent être soumises à tous les hommes. Cela n’a rien de sexiste, c’est la volonté de Dieu. »
  • « L’homme est la tête, le cerveau, pas la femme. Cela signifie que les femmes n’ont pas la même capacité rationnelle, et ainsi, il est mieux pour elles qu’elles soient dominées par les hommes. »
  • « Genèse 1.26 affirme que l’homme est fait à l’image de Dieu et à sa ressemblance, et non la femme, c’est pourquoi il est juste d’affirmer que les hommes et les femmes ne sont pas égaux en dignité. »
  • « Si une femme est maltraitée ou harcelée, c’est parce qu’elle a, comme Ève, tenté l’homme, elle a été une pierre d’achoppement qui a causé la chute de l’homme. »

De telles affirmations favorisent la violence faite aux femmes, puisque qu’elles rabaissent leur valeur et encourage les pratiques violentes, en plus d’empêcher souvent que les victimes reçoivent l’aide dont elles ont besoin et de faire en sorte que les agresseurs ne soient jamais punis. Ce que nous voyons souvent est qu’il est plus important de protéger la réputation d’un « Adam » qui a été injustement tenté, que de prendre soin de sa victime.

Une femme chrétienne qui étudie ou travaille sur un campus universitaire va rapidement découvrir qu’elle est sur la ligne de tir. Elle s’expose comme toutes les autres à subir de tels sévices, et le plus souvent, la culpabilité engendrée par une théologie déficiente dans son entourage l’empêche de parler. De nombreux mouvements chrétiens considèrent que s’opposer à la violence envers les femmes est un enjeu du monde et ils commettent l’erreur d’associer la soumission au Christ et aux autres dans la Bible à la soumission et aux sacrifices personnels associés à l’abus dont elles ont souffert. Il arrive fréquemment que la victime soit blâmée et accusée d’être une « Ève ». La mère de l’humanité est traitée comme l’incarnation du péché et de la tentation. Ces gens disent que l’abus a eu lieu parce que la femme vit dans le péché ou qu’elle est sans « couverture spirituelle », parce qu’elle ne prie pas assez ou qu’elle a agi comme une pierre d’achoppement. Le péché de l’agresseur est perçu comme la conséquence du péché sexuel de la femme, comme si elle avait été une participante active et qu’elle avait tiré du plaisir à se faire ainsi violer ou harceler. Une telle situation accable les victimes et engendre de la culpabilité et de la honte chez elles, sans parler des reproches de la part de pasteurs et leaders — ceux qui devraient se tenir à côté des victimes pour les soutenir dans l’épreuve — ce qui finit par les convaincre qu’elles ne devraient pas chercher de l’aide ou rapporter le crime.

La violence faite aux femmes au sein des universités et la Bible

En Genèse 1.26, nous avons le récit de la création de la race humaine (’« adamah » correspondant au mot « terre »). Les versions de la Bible les plus courantes traduisent ce mot par homme, le même terme employé pour décrire un être humain de sexe masculin. Certaines personnes concluent à tort ici, que seuls les hommes ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, ignorant le verset 27, qui présente la division des sexes entre le masculin et le féminin, réaffirmant que les deux entités ont été créées à l’image et à la ressemblance de Dieu et que les deux jouissent par conséquent de la même dignité.

Un autre point relié à la traduction peut être noté en Genèse 2.18. Lors de la création de la femme, la version anglaise New International Version propose : « Je vais lui faire une aide semblable à lui », tandis que la traduction en portugais, Almeida Corrigida e Atualizada propose : « Je vais lui faire une aide compétente » (c’est une traduction libre). Dans l’hébreu, la femme est définie comme « ezer Keneghdô », le terme ezer servant de nom et non d’adjectif, et signifiant aide, assistante. Le même terme se trouve dans le mot Ebenezer, qui signifie littéralement « rocher d’aide » et non « rocher de l’aidant ». La relation n’en est donc pas une de subordination, d’asymétrie ou d’inégalité, mentionnée si souvent dans les Églises, mais la femme est présentée comme quelqu’un qui est donnée pour ajouter quelque chose d’essentiel, l’homme et la femme formant alors une unité intégrée. Une fois de plus, cela démontre comment la femme se trouve dans un rapport d’égalité avec l’homme et non inférieure à lui.

Au chapitre 3, Ève et Adam désobéissent à Dieu et mangent du fruit défendu. Leurs yeux se sont alors ouverts et, constatant qu’ils étaient nus, ils ont couru se couvrir au moyen de feuilles de figuiers. Ainsi, la toute première conséquence du péché fut la rupture des relations. L’homme et la femme ne se sentaient plus à l’aise l’un avec l’autre lorsque Dieu a appelé Ève, Adam et le serpent pour leur demander ce qu’ils avaient fait et pour sceller la conséquence de leur désobéissance.

Il est important de comprendre que ce qui s’est passé ensuite a tout changé, les faisant passer d’un monde où ils vivaient en parfaite communion avec Dieu, au monde déchu que nous connaissons, leur laissant de profondes cicatrices à cause de la rupture de la relation entre Dieu et les hommes, entre les humains et d’autres humains, et aussi entre l’homme et la femme. Il est dit à Ève : « Tes désirs te porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. » (Genèse 3.16). Cette phrase indique une conséquence — et non un commandement — qui caractérise le sexe féminin. (Les souffrances, la sueur et la fatigue annoncées par Dieu à Adam affecteront également les femmes, mais ce passage ne devrait jamais être utilisé pour exempter les femmes de n’importe quel type de travail. Cette conséquence selon laquelle la femme est dominée indique une hiérarchie de pouvoir et d’assujettissement dans laquelle l’un est plus important que l’autre ; pourtant, la Bible affirme ailleurs que ce n’est pas là la volonté de Dieu (Luc 9.46–48), mais plutôt la marque du péché. La compréhension selon laquelle la femme serait un être inférieur qui peut et devrait être dominée est à la source de la violence perpétrée contre les femmes et du manque de soutien qui les empêche habituellement de parler et de lutter contre cette forme d’abus.

La mort du Christ à la croix a eu lieu pour restaurer et réconcilier ce qui avait été brisé, pour rétablir la communion entre Dieu et l’humanité, entre les êtres humains et entre les hommes et les femmes. Cette Bonne Nouvelle nous affranchit complètement des stéréotypes sexuels imposés par la société. Selon la logique du Royaume, Emmanuel, Dieu avec nous, choisit de marcher avec les femmes, de leur parler en public et de leur donner la parole (comme il l’a fait avec la femme samaritaine en Jean 4.4–42), de leur enseigner et de les équiper pour qu’elles enseignent à leur tour (Marie en Luc 10.38–42), de les guérir et les intégrer de plein droit dans le société (la femme souffrant d’une perte de sang en Luc 8.48), et il présente les femmes comme étant des modèles de foi à imiter (la veuve qui a offert le parfum en Luc 21.1–4).

La Bonne Nouvelle est si scandaleuse et contraire à nos valeurs, et c’est la raison pour laquelle Jésus a demandé à des femmes de l’annoncer en premier. Ce sont elles qui s’étaient levées très tôt pour se rendre au tombeau du Christ et qui ont été étonnées par la Bonne Nouvelle que Jésus ne se trouvait pas parmi les morts, mais qu’il était bel et bien ressuscité (Luc 24.11) ! Pierre est le seul à avoir accordé un certain crédit au témoignage des femmes, bien que les détails du texte ne nous confirment pas s’il croyait que Jésus était ressuscité ou que son corps avait simplement disparu. Les autres apôtres ont considéré les paroles des femmes comme étant insensées et ils ne les ont crues qu’après que Pierre ait affirmé qu’il avait bien vu le Christ ressuscité. La réconciliation opérée par le Christ est scandaleuse. Le dernier y devient le premier, le plus petit est considéré le plus grand, il n’y a plus de Juifs ou Grecs, d’esclaves et d’hommes libres, d’hommes et de femmes — parce que nous sommes appelés désormais à être unis en Christ (Galates 3.28) et que nous sommes égaux en dignité.

Les notions théologiques erronées qui ont été communiquées dans les Églises depuis des siècles nous aveuglent et nous empêchent de voir les péchés que nous commettons par les structures que nous mettons en place. Ces notions font de nous des complices du péché en ne prenant pas la défense des victimes de violence. La violence qui se commet dans les milieux universitaires est également profondément enracinée dans nos Église locales. Plusieurs croyants de ces Églises, qui ont grandi en apprenant à traiter les femmes comme des êtres inférieurs, se retrouvent à l’université en tant qu’étudiants ou professeurs. Comment une Église locale qui ne reconnaît pas ses propres péchés de violence envers les femmes pourrait-elle gérer adéquatement de tels enjeux dans les milieux universitaires ? Comment avons-nous, en tant qu’étudiants de l’IFES, servi nos Églises locales en rapport avec ces questions ? Qu’avons-nous fait pour contribuer à l’expansion du Royaume de Dieu et à la réconciliation entre les hommes et les femmes à la lumière de l’enseignement du Christ ?

Les étudiants de l’ABUB comme modèles d’une voie alternative

Un sondage sur la violence envers les femmes mené durant la deuxième moitié de 2017 a permis d’interroger 127 étudiants d’ABUB (Aliança Bíblica Universitária do Brasil), le mouvement de l’IFES au Brésil. L’une des questions était : « Souhaitez-vous voir votre groupe local ABU faire quelque chose en rapport avec la violence faite aux femmes ? » et 96,3 pour cent des femmes ont répondu oui, tandis que 64,2 pour cent des hommes ont fait de même. Associé à cela, il apparait que de nombreux étudiants universitaires fréquentant l’ABUB et provenant d’une variété de programmes, d’universités et de villes du Brésil, ne se conforment pas, par la grâce de Dieu, aux pratiques qui ont cours dans le monde. Ils ont réfléchi en profondeur à ces enjeux et ils annoncent clairement que le Christ se préoccupe des femmes et de leurs souffrances :

  • Le groupe ABU de la ville de Lavras a organisé un événement, en octobre 2016, dont le thème était : « Femmes, pourquoi êtes-vous en train de pleurer ? — La violence envers les femmes : en quoi l’Église est-elle concernée ? » Ce rassemblement incluait des activités de récitation publique de poèmes, des conférences et des discussions ouvertes sur la thématique choisie. Chrétiens et non-chrétiens ont été invités à découvrir la personne et le message de libération de Jésus.
  • Les groupes ABU dans les universités et les écoles tiennent habituellement des rencontres chaque semaine pour annoncer le Christ par le moyen d’études bibliques inductives. Plusieurs de ces groupes, associés à l’ABUB et formés dans différentes cités grâce au programme Projeto Redomas — un projet interdénominationnel visant à « attirer l’attention des gens sur les problèmes engendrés par l’oppression des femmes, qui est perçue actuellement comme normale dans les milieux confessionnels, et donner la parole à ces femmes » –, ont animé des études bibliques inductives sur les campus universitaires traitant de la vie des femmes dans Bible et des relations que Jésus entretenait avec elles.
  • En juin 2017, dans la ville de Pirassununga, l’équipe régionale de l’ABUB pour les États de São Paulo et Mato Grosso do Sul a organisé un rassemblement pour hommes en vue de discuter de ce qu’est la saine masculinité à la lumière de la Bible, et les encourager à ne plus se conformer aux standards de domination et de violence véhiculés par la culture en général.
  • En 2014, le groupe ABU de la ville de Pelotas a organisé le Festival Mira!, avec l’appui de l’université, de la mairie, et une portion du projet a été financée grâce au programme de soutien à l’évangélisation créative de l’IFES. L’un des panels a été tenu au Centre d’architecture, des arts et du cinéma, et la discussion tournait autour de la place des femmes en art et comment la création artistique peut les aider à composer avec les enjeux de la violence commise à leur endroit ; on y a discuté également de la représentation de ce qui est féminin.
  • De nombreuses activités de formation au sein de groupes ABUB locaux, régionaux et nationaux, ont donné lieu à des conférences, des discussions et des ateliers sur le même sujet.
  • En plus de cela, et peut-être aussi à cause de cela, de nombreux étudiants de l’ABUB ont pris l’initiative de s’impliquer dans la vie de la communauté universitaire en tant que représentants étudiants (dans ce que nous appelons les centres académiques ou centres d’information pour étudiants). Certains d’entre eux prennent également part à des manifestations organisées pour dénoncer la violence envers les femmes sur les campus et hors des murs de l’université, puisque c’est là un problème généralisé. Comme les universités font partie de la société, elles ne devraient pas être considérées comme un monde à part.

De nombreux étudiants brésiliens se préoccupent de la violence faite aux femmes, mais ils ne savent pas comment y répondre en posant des actions concrètes. Je crois que la situation est aussi la même pour les frères et sœurs dans d’autres pays. Je vous suggère d’ouvrir grands vos yeux et vos oreilles pour être attentif lorsqu’une femme souffre et verse des larmes dans nos écoles et nos universités. Je vous lance le défi d’entendre, comme Jésus l’a fait, le cri des femmes privées du droit de parole dans la société. Je vous lance le défi de réunir votre groupe local de l’IFES pour vous mettre à l’écoute des femmes qui le composent et entendre leur douleur, puis de prier à ce sujet et de réfléchir ensemble à des moyens par lesquels transformer nos écoles et universités en y prêchant la réconciliation au moyen de l’amour dont nous avons été les objets de la part du Christ.

« Ouvre la bouche pour défendre ceux qui ne peuvent parler, pour défendre les droits de tous ceux qui sont délaissés. » (Proverbes 31.8)


Questions de discussion

Certains sujets peuvent se révéler difficiles à aborder lorsque les hommes et les femmes sont réunis dans un même lieu. Beaucoup de femmes ont l’habitude qu’on leur impose le silence, c’est pourquoi il est important de les encourager à parler sans crainte. Mais de nombreuses femmes ayant subi du harcèlement, de la violence et de la maltraitance peuvent avoir des hésitations à s’ouvrir dans des contextes de groupe. Il est donc important de faire preuve de sensibilité lorsque ce sujet sera abordé. Informez le groupe à l’avance du thème de la discussion et soyez compréhensif si certaines femmes choisissent de ne pas participer à la rencontre ou à la discussion. Lorsqu’une femme choisit de s’ouvrir au groupe, assurez-vous que ce qui est partagé demeure confidentiel, et n’oubliez surtout pas de la serrer dans vos bras, de lui offrir votre soutien et de prier pour elle.

Lisez l’article : « Les filles au-delà d’Ipanema », de même que les passages bibliques suivants :

  • Genèse 1.1–17
  • Luc 19.1–11
  • Galates 3.28
  1. Comment Jésus traitait-il ces femmes ? Que révèle une telle manière de se comporter ? Veuillez vous inspirer des passages bibliques que vous venez de lire pour formuler votre réponse.
  2. Même dans les pays où elles jouissent d’une certaine égalité, les femmes se trouvent souvent confrontées à des défis et de la violence, y compris dans les milieux universitaires. Comment les femmes sont-elles perçues dans votre pays ? Pensez à vos collègues féminines, aux professeures et aux employées à votre université. Comment sont-elles traitées ? Comment leur impose-t-on le silence ?
  3. En tant qu’homme, comment traitez-vous les femmes qui vous entourent dans votre contexte universitaire ? Quel est votre témoignage dans ce domaine ? Comment réagissez-vous lorsqu’un ami, un collègue ou un professeur se comporte d’une manière qui fait violence aux femmes ? Avez-vous eu tendance jusqu’ici à être complice d’un tel comportement ?
  4. Dans un sondage effectué auprès des étudiants de l’ABUB au sujet de la violence faite aux femmes au sein des universités, nous avons découvert que, parmi les femmes qui ont répondu au sondage et qui avaient subi une forme de harcèlement ou de violence à l’université ou dans un contexte qui y était rattaché, 25,3 pour cent d’entre elles avaient trouvé refuge et réconfort auprès de leur groupe ABUB local.[8] Votre groupe local est-il à l’écoute des besoins de ses membres de sexe féminin ? Selon vous, comment les femmes opprimées à l’université perçoivent-elles votre groupe local ? Le voient-elles comme un milieu où trouver du soutien ? Ou le voient-elles comme un lieu où elles sont perçues comme étant coupables et complices de ce qui s’est produit ?
  5. Comment pouvons-nous ouvrir les yeux des membres de nos groupes locaux par rapport à ces enjeux, de manière à les rendre plus accueillants ?
  6. Comment les femmes sont-elles perçues dans la théologie véhiculée à votre Église locale ? Sont-elles traitées comme des êtres inférieurs ?
  7. Comment les femmes sont-elles perçues par votre groupe local de l’IFES ? Cette perception est-elle différente de celle qui prévaut dans votre Église locale ? Comment votre groupe peut-il apporter une contribution à l’Église locale dans ce domaine ? Comment votre Église locale peut-elle contribuer positivement face à de tels enjeux au sein de votre groupe local ?
  8. À votre avis, comment le Christ s’y prendrait-il pour accueillir ces femmes qui souffrent aujourd’hui ? Son approche serait-elle différente de la manière dont la société compose avec la violence commise envers les femmes ?
  9. Y a-t-il des hommes dans votre groupe qui ressentent le besoin de demander pardon à des femmes pour quelque chose ?

Autres références


Notes de bas de page

[1] Dulce Garcia, “Com Tom Jobim foi tudo platónico’ diz a Garota de Ipanema,” (“Tout était platonique avec Tom Jobim”, disponible en portugais) Sábado, 1er mars 2015, http://www.sabado.pt/vida/pessoas/detalhe/com-tom–jobim-foi-tudo-platonico.

[2] “Hashtag Transformação: 82 mil tweets sobre o #PrimeiroAssedio,” (disponible en portugais) Think Olga, 2015, http://thinkolga.com/2015/10/26/hashtag-transformacao-82-mil-tweets-sobre-o-primeiroassedio/.

[3] Daniel Mello, “Ex-aluno da USP acusado de estupro obtém registro de médico em Pernambuco,” Agência Brasil, 2 juin 2017
http://agenciabrasil.ebc.com.br/geral/noticia/2017-06/ex-aluno-da-usp-acusado-de-estupro-obtem-registro-de-medico-em-pernambuco.

[4] Fernanda Mena, “Um terço dos brasileiros culpa mulheres por estupros sofridos,”

(disponible en portuguais) Folha de S. Paulo, consulté le 21 septembre 2016,

http://m.folha.uol.com.br/amp/cotidiano/2016/09/1815301-um-terco-dos-brasileiros-culpa-mulheres-por-estupros-sofridos.shtml.

[5] Luis Nassif, “Medicina da USP registra 8 casos de estupro e 2 contra homossexuais, aponta MPE,” Jornal GGN, 12 novembre 2014, https://jornalggn.com.br/noticia/medicina-da-usp-registra-8-casos-de-estupro-e-2-contra-homossexuais-aponta-mpe%20.

[6] Mapa de coletivos de mulheres (MAMU) (disponible en portuguais), consulté le 6 février 2018, http://www.mamu.net.br/

[7] Bianka Vieira and Luiza Missi, “Dois anos após CPI, casos de estupro não têm punição,” (disponible en portugais) Jornal do Campus, 19 novembre 2016, http://www.jornaldocampus.usp.br/index.php/2016/11/dois-anos-apos-cpi-casos-de-estupro-nao-tem-punicao/.

[8] Vieira, “Abuenses e a violência contra a mulher.” https://drive.google.com/file/d/1VbFpQ5OX__xYH5gd4ZoMQrBvm-R3sQP8/view?usp=sharing


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