LE BEAU JEU DANS UN MONDE DÉCHU

Parler Coupe du Monde sur le campus

Pelé l’appelait « le beau jeu ».  

Mais qu’en pense Dieu ? 

Que dit la Bible sur le football, ce sport qui brasse des milliards de dollars et qui domine les informations autour du monde depuis quelques semaines grâce à la Coupe du Monde de la FIFA ? 

La Bible a très peu à dire à ce sujet – de manière directe.  

La seule mention claire d’une balle est lorsqu’un arrogant intendant du palais est prévenu qu’il sera empaqueté tel des déchets et roulé comme une balle (eh non, même pas tapé du pied) (Ésaïe 22.18). Et même si l’on parle de lever une coupe (Psaume 116.13), il ne s’agit pas d’un trophée doré. 

Évidemment, la plupart des sujets contemporains n’auraient pas pu être cités lorsque les scribes ont consigné le texte sur papyrus. Nous croyons toutefois que la Parole de Dieu s’applique à tous les enjeux de notre monde

PAROLE ET MONDE 


Voilà pourquoi un récent webinaire de Parole et Monde de l’IFES a proposé une conversation opportune sur le football, la justice et l’Évangile – avec trois passionnés de sport de la famille de l’IFES : 

Joan Mwangi a servi en tant qu’équipière auprès de TAFES Tanzanie et travaille désormais pour l’église St Colomba à Dar es Salaam. Queenie Serrano est la directrice nationale des Programmes de justice internationale d’InterVarsity/USA. Et Roberto Carbajal dirige le bureau national de COMPA Mexique

Evidemment, ils ont parlé de certains joueurs et certaines équipes. Messi ! Le Maroc ! 

Mais la conversation s’est surtout focalisée sur le phénomène de la Coupe du Monde et les enjeux qui l’accompagnent – et comment nous devrions y répondre en tant que disciples de Jésus.  

Un thème commun est apparu. Il était évident que la Coupe du Monde est un événement qui apporte à la fois joie et douleur. C’est un contexte où le bien et le mal sont présents tous les deux.  

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Ainsi, dans ce blog Conexión, nous reprenons quelques perspectives du webinaire en réfléchissant à quatre paradoxes de beauté et de brisement. Et nous nous pencherons sur comment cela pourrait façonner notre témoignage et notre message sur le campus et ailleurs. 

L’UNITÉ ET LA DIVISION 


« Le football unit le monde » – c’est ce qu’affirme la FIFA depuis la Coupe du Monde 2022. 

To be fair, many of us have experienced the international camaraderie of big sporting events (sorry, FIFA, not Il faut dire que nous sommes nombreux à avoir vécu la camaraderie internationale des grands événements sportifs (eh non, ce n’est pas qu’au foot !). Au fil des années, Queenie a souvent rassemblé des étudiants pour regarder le Super Bowl, les finales de la NBA et les JO. 

« En tant que fan de sport, je reconnais que le sport a le pouvoir de réunir les gens et de promouvoir l’unité. J’en ai fait l’expérience lorsque j’ai accueilli des étudiants internationaux chez moi, en particulier pendant les JO, quand tout le monde encourage son pays et que l’excitation règne. » 

À de tels moments, l’idéal d’une humanité unie peut sembler possible, atteignable. Jusqu’à ce que la bulle n’éclate. Queenie admet le mauvais côté du comportement des fans : 

« À New York, nous avons vécu la violence contre les fans de San Antonio. Les gens ont été harcelés et des rues ont été vandalisées. » 

À défaut de violence physique, nous serons nombreux à avoir observé des messages agressifs et haineux à l’encontre de rivaux sur les réseaux sociaux. Dans son contexte en Afrique, Joan a remarqué que la victoire polémique du Maroc dans la finale de la Coupe d’Afrique des nations a mené de nombreux étudiants à soutenir le Brésil lorsque les deux équipes se sont rencontrées à la Coupe du Monde. 

De lui-même, le football n’unit pas les nations. 

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C’est pourquoi la belle camaraderie qui peut se vivre à travers le foot était transcendée par une unité spirituelle lors du match entre l’Allemagne et Curaçao. Après le coup de sifflet final, les croyants des deux équipes se sont regroupés pour prier. Felix Nmecha explique 

« Pendant le match, nous sommes adversaires, mais après le match, nous sommes tous chrétiens et frères. Nous nous sommes donc retrouvés pour une petite prière. » 

CÉLÉBRATION ET OBSESSION 


Quelle que soit votre équipe, la Coupe du Monde est synonyme de célébration.

 Il y a de la musique forte, les chansons collectives, les costumes amusants et la peinture colorée sur les visages. Et au-delà de tout cet attirail, nous applaudissons le talent inspirant (Une tactique brillante ! Une façon de jouer originale !) et des performances impressionnantes (Quelle endurance solide ! Quel magnifique jeu d’équipe !) 

Tout ce talent artistique, ce caractère et cette coordination indiquent une vérité biblique : que nous sommes tous créés à l’image d’un Dieu Créateur qui nous appelle à refléter ses qualités (2 Pierre 1.3-8) et à croître en tant que communauté avec des rôles complémentaires (1 Corinthiens 12). 

Il est bon de célébrer le talent. Dans ses premières remarques du séminaire, Roberto souligne « la prouesse au foot » du Maroc et signale que cette Coupe du Monde a un côté historique car ce sera la dernière pour Ronaldo et Messi (ainsi que pour Ochoa du Mexique !).  

Certains joueurs se démarquent par un talent exceptionnel. Et les fans débattent de s’ils méritent la désignation de GOAT (Greatest Of All Time ou meilleur de tous les temps). C’est ici que le fun peut se transformer en fanatisme, où les modèles risquent de devenir idoles. 

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Dans La Parole et la Coupe du Monde 2026, un guide d’étude biblique qu’elle a coécrit, le chapitre intitulé « Quand le football devient un Dieu » invite à une réflexion sur Matthieu 6.19-24 : 

Quand l’amour du sport tourne en obsession… le plaisir peut silencieusement se transformer en adoration. Jésus traite directement de cette tension quand il démontre que le cœur humain ne peut pas servir deux maîtres. 

LE FAIR-PLAY ET L’INJUSTICE 


Pour qu’on puisse jouer, il faut un règlement commun. 

Par exemple, à cause du prix inabordable des billets, Roberto constate que la plupart des Mexicains ne peuvent regarder les matchs que sur les plateformes numériques – qui ont augmenté leur prix – ou dans les lieux publiques, où la FIFA a introduit des charges pour une licence de diffusion de sport auprès des commerces qui diffusent les matchs. Il se lamente : 

« Tout se joue donc autour de la rentabilité – tout, absolument tout. » 

Et Queenie demande : 

« Que faire si l’on est fan de sport et que l’on reconnaît les injustices qui existent derrière le sport ? » 

Elle s’est impliquée dans le programme Global Urban Trek d’InterVarsity/USA, avec une équipe d’étudiants à Houston, l’une des villes-hôtes américaines de la Coupe du Monde. Pendant l’orientation, ils se sont associés à une organisation locale qui propose des tours en minibus pour aider les participants à s’éduquer sur la réalité du trafic d’êtres humains.  

Queenie explique : 

« Alors, il y a des lumières et des marqueurs autour de certains établissements à Houston qui indiquent que ce sont des lieux pour les travailleurs du sexe ou le trafic des êtres humains. Et c’est vraiment lourd et sombre… d’observer et de voir les gens dans la rue, ou même de voir les maisons ou les commerces avec ces marqueurs.  

Nous avons appris qu’à cause de la Coupe du Monde, il y a eu une augmentation dans le trafic des êtres humains, surtout au niveau du sexe commercialisé. » 

Le beau jeu n’est pas seulement gâchée par la triche en son sein mais aussi par les injustices qui l’entourent. Joan confie qu’un passage récurrent des Écritures pendant leurs temps de prière autour de la Coupe du Monde a été le Psaume 82.8 : un cri pour que le Dieu à qui appartient toutes les nations se lève et juge la terre. 


C’est dans les Psaumes que nous retrouvons clairement la tension entre la joie et la lamentation qui s’associent pourtant dans la foi.

Cette collection de chants qui nous incite à louer et à pleurer, à nous réjouir et à nous repentir, fait écho à notre propre expérience – et aux paradoxes de la Coupe du Monde.   

Roberto en parle avec animation : 

« On a de quoi manger – les meilleurs plats – et beaucoup d’émotion. On finit par parler de ce qui a lieu autour de la Coupe du Monde… et les discussions de foot à proprement parler cèdent la place.  

Le dialogue nous permet de créer des contacts, de construire des ponts, de se servir mutuellement, de partager un repas, de profiter de cet événement. Mais c’est aussi un lieu sûr pour discuter de nos idées. Pour parler de la justice, des défis et des luttes.    

Et étant donné combien le foot est magnifique, il ne faut absolument pas passer à côté du plaisir. C’est un cadre pour se réjouir et prendre plaisir mais aussi pour se prendre dans les bras et pleurer, vous ne croyez pas ? » 

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Queenie est d’accord. Elle a remarqué que beaucoup des étudiants avec qui elle a créé des contacts ont besoin d’espace pour bien se gérer après des tensions autour de matchs. 

« Lorsque j’ai organisé des événements et que je savais que [le résultat] pouvait être mal tombé pour certains de mes étudiants, j’ai proposé : « Alors, si certains d’entre vous ont trouvé ça difficile, je vous emmène prendre une glace et on en parle. »  

Je trouve que cela aide beaucoup quand on peut fournir à la fois un lieu pour célébrer et un lieu pour se lamenter et pleurer. » 

Et ce genre d’espace pour gérer ses émotions peut s’étendre au-delà d’un match perdu vers des enjeux plus grands autour de la justice sociale. Queenie affirme que les conversations autour du sport universitaire touchent souvent sur les pressions vécues par les athlètes de l’université, qu’il s’agisse de la compétition autour des contrats ou des soins de santé mentale défaillants. 

Je trouve que cela aide beaucoup quand on peut fournir à la fois un lieu pour célébrer et un lieu pour se lamenter et pleurer. » 

Roberto décrit bien cette tension : 

« Quand je pense au mouvement étudiant, pour moi, c’est un lieu sûr. Et je trouve que nous somme la troisième option sur le spectre politique. En d’autres mots, nous ne sommes ni à gauche ni à droite, ni noirs ni blancs, mais nous sommes en fait l’espace-même.   

Nous pouvons profiter de la Coupe du Monde sans perdre de vue l’injustice du monde qui nous entoure. » 

QUEL GARDIEN IMPRESSIONNANT ! UNE BEAUTÉ GÂCHÉE ET RACHETÉE 


Si vous n’aimez pas vraiment le foot, vous pouvez quand même apprécier la beauté qui s’y manifeste et qui trouve son origine en Dieu. L’esprit collectif. La célébration du talent. L’idéal du « fair-play ». La joie de vivre.  

Et si vous êtes passionné(e) de football, vous pouvez quand même voir le mauvais côté provoqué par l’homme. Les préjugés qui divisent. L’adulation obsessive. La corruption cupide. Les injustices lamentables. 

Voilà pourquoi la Coupe du Monde, avec ses hauts enchanteurs et ses bas troublants, nous connecte de manière puissante à l’histoire de la Bible. Une bonne création gâchée par le péché, qui soupire après la rédemption (et le GOAT qui est le gardien parfait). 

Voilà pourquoi témoigner de la Parole pendant cette période relève de bien plus que de citer un buteur qui regarde au ciel.  

Joan a adopté ce slogan : « Chaque match, un moment de formation de disciples. » 

Le guide d’étude biblique qu’elle a coécrit donne une idée de comment c’est possible. En explorant les grands enjeux de ce beau jeu : l’identité et la valeur de chacun, la réussite et le succès, l’endurance et la discipline, l’adulation et l’obsession, nous découvrons comment nous pouvons devenir plus beaux en Christ.  

Un autre verset de la Bible qui a guidé Joan pendant cette Coupe du Monde est Habacuc 2.14. Elle explique : 

Voilà notre espérance : un monde déchu qui est déjà en train d’être restauré en Christ. 

C’est en effet très beau. 

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