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Un climat pour le changement

Répondre à l’opposition à l’encontre de l’action concernant le climat

Le changement climatique polarise les chrétiens. Beaucoup minimisent avec passion ses conséquences néfastes sur les pauvres et sur la création gémissante de Dieu. J’étais à Paris fin 2015 pour la COP21, les négociations sur le climat. Je priais et je menais campagne auprès des collègues de A Rocha, Tearfund, le mouvement de Lausanne et l’Alliance évangélique mondiale. Pourtant, moins d’un an après, 75% des Blancs évangéliques américains ont élu un président qui appelle le changement climatique un canular chinois et a retiré les États-Unis des accords de Paris.

Le professeur Katharine Hayhoe, une éminente scientifique climatologue qui a été désignée parmi les 100 personnalités les plus influentes par le TIME et les 50 plus grands leaders mondiaux par le magazine Fortune. Elle est également l’épouse d’un pasteur évangélique et elle passe une grande partie de son temps à expliquer la science climatique à des publics sceptiques. Elle était à Londres récemment pour intervenir à la conférence annuelle de la John Stott London Lecture. Et elle a confié au journal The Guardian : « Oh, on m’a traité de bien des noms. C’est pour la majorité du langage de haine, pour beaucoup anonyme. » Si vous voulez en savoir davantage sur le travail de Katharine, voici un excellent article en anglais du Texas Monthly.

Et donc, pourquoi les actions concernant le changement climatique divisent-elles les chrétiens ? Pourquoi certains croient qu’il s’agit d’une distraction dangereuse tandis que d’autres le voient comme un problème moral crucial ? Pourquoi tant de personnes l’ignorent-elles en le considérant comme étant sans rapport avec leur foi et leur vie quotidienne ?

En fin de compte, il s’agit de théologie. Le christianisme est-il simplement une bataille spirituelle ou le christianisme a-t-il un impact sur la manière dont nous traitons la terre et les plus pauvres ? Qu’est-ce qui importe davantage pour Dieu : la croissance économique ou la justice et l’intégrité de la création de Dieu ? Quels sont les thèmes et passages bibliques pertinents à cette question qui n’était pas dans l’esprit des gens dans les temps bibliques ? Dans le reste de cet article, je veux considérer certaines questions souvent soulevées par les chrétiens qui s’opposent à l’implication dans l’action climatique.

N’est-ce pas de l’arrogance humaniste de penser que nous aurions pu changer le climat ?

Paradoxalement, c’est le contraire qui est vrai ! Les prophètes bibliques ont vu un lien clair et direct entre le péché humain et le chaos environnemental. Osée 4.1–3 est l’un des passages qui aborde le changement climatique. Quand le peuple de Dieu a manqué de garder la loi de Dieu, cela avait conduit à l’effondrement des récoltes et à l’extinction de la faune.

« La vérité a disparu dans le pays, il n’y a plus d’amour
on n’y connaît pas Dieu. […]
C’est pourquoi le pays passera par le deuil,
et tous ses habitants dépériront,
il jusqu’aux bêtes sauvages et aux oiseaux du ciel;
les poissons de la mer disparaîtront aussi. »
Osée 4.1b, 3, BDS

C’est la pensée séculière de Bacon, Descartes et des Lumières qui ont séparé les sphères de la nature et de la culture. C’est cette pensée qui a placé l’humanité au-dessus et a séparé la nature. Aujourd’hui, nous avons besoin de renouer avec la vision biblique dans laquelle l’humanité et les systèmes terrestres sont étroitement liés et interdépendants.

Photo: Willian Justen de Vasconcellos, Unsplash

Pouvons-nous avoir confiance en la science ?

Il y a une forte corrélation entre le scepticisme chrétien à l’égard des sciences climatiques et le rejet des sciences « classiques » sur des questions comme l’évolution. Et pourtant, des chrétiens engagés et ayant foi en la Bible, notamment Katharine Hayhoe et Sir John Houghton sont des scientifiques de premier plan en matière de changement climatique. La science, effectuée de façon honnête, prudente et soumise à un examen des pairs, se révèle être une amie et non une ennemie de la foi biblique. C’est tout simplement penser les pensées de Dieu après lui, comme l’a fait observer Johannes Kepler. Le premier scientifique était Adam, qui en nommant les créatures a fait preuve de la curiosité, du discernement et de la classification méthodique essentiels à la méthode scientifique. Chaque académie scientifique nationale s’accorde sur le consensus mondial selon lequel la combustion des combustibles fossiles a un effet négatif sur le climat mondial.

Le climat n’est-il pas le problème de Dieu et non le nôtre ?

Certains avancent que puisque Jésus, et non les disciples, a calmé la tempête (Marc 4.35–41), toutes les actions climatiques sont inutiles : nous devrions prier et laisser le soin à Dieu de le faire ! Pourtant, bien que l’action humaine ne sauve pas la planète, Dieu choisit de travailler à travers des gens. Les plans de salut de Dieu dans les catastrophes climatiques du déluge de Noé ont impliqué l’action humaine. En tant que personnes ayant été appelées à refléter l’image de Dieu, notre tâche est de refléter le caractère de Dieu dans le leadership serviteur (« seigneurie ») envers la terre et ses créatures. Romains 8.19 nous rappelle que la création attend que les enfants de Dieu soient révélés. En d’autres termes, que l’Église se lève et passe à l’action. Le scepticisme envers le climat tout comme l’apathie plus répandue et l’inaction de nombreuses églises, sont un déni de notre appel biblique à servir et à préserver la beauté du monde de Dieu.

En effet, la création attend, avec un ardent désir, la révélation des fils de Dieu. Romains 8.19, BDS

Le processus des Nations Unies sur le changement climatique fait-il partie d’une conspiration anti-chrétienne ?

Certains prétendent qu’une élite occulte est derrière le processus des Nations Unies sur le climat. Ils ont raison sur le fait que le changement climatique est une bataille spirituelle mais ils ont tort sur l’ennemi. Comme nombre de chrétiens investis aux Nations Unies l’affirmeraient, il n’y a pas de programme caché. Les forces spirituelles dangereuses contre lesquelles Jésus nous a à maintes reprises mis en garde — la soif de posséder et la richesse — sont à l’œuvre dans les mensonges qui protègent des groupes d’intérêt puissants dans les combustibles fossiles, l’industrie polluante et le consumérisme débridé. Les dirigeants politiques ont besoin de nos prières. Que l’Esprit de Dieu nous permette de sortir de l’impasse et que l’action en faveur du climat permette de réduire la température en augmentation, lutte contre les injustices climatiques, et serve et préserve les créatures que Dieu a déclaré comme étant « très bonnes » dans Genèse 1.31.

Réagir

Ainsi, en tant qu’étudiants chrétiens, que pouvons-nous faire ? Trois choses : prier, étudier, passer à l’action ! Priez que Dieu vous donne son cœur qui gémit du gémissement de la création (Romains 8.18–28). Étudiez l’enseignement biblique concernant le soin envers la création. Mon ouvrage, Planetwise peut s’avérer être un point de départ utile — et étudiez les faits sur le changement climatique et ses conséquences. Puis, passez à l’action. Cela peut vouloir dire écrire aux politiciens, s’engager dans des campagnes, dans du bénévolat avec A Rocha, et intégrer des changements qui reflètent la seigneurie de Jésus dans ton style de vie.

Dave Bookless, Directeur de théologie, A Rocha

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